Samedi 3 janvier 2009 6 03 /01 /Jan /2009 16:02


Le formidable voyage autour du monde s'achève mais les images et les gens rencontrés resteront pour longtemps gravés dans ma mémoire, tant la variété et la beauté de ce que j'ai vu m'a marqué. Même si tout cela ne s'est pas fait à la suite, les chiffres me donnent un peu le tournis quand j'y repense : 28 jours, 45000 kms en avion environ, 4 pays visités, tous de langue anglaise, quasiment tous les modes de transport utilisés, avion, hélico, voiture, bus, train, bateau, scooter, vélo, et pas mal de kilomètres à pied aussi...Variété dans la gastronomie également: Mc Do à Hollywood, dîner gourmet en face du Mont Cook, agneau, cerf, poisson, vins néo-zélandais et j'en passe...

Des hôtels tellement incroyables qu'il fallait se pincer chaque jour pour être sûr qu'on ne rêvait pas, des jacuzzis, baignoires spas, lap pools en veux-tu en voilà, des paysages naturels à couper le souffle, de la majestueuse Baie des Iles au grandiose Milford Sound en passant par l'aérien Mont Cook, des rivages du mysterieux lac Tarawera aux lagons translucides tantôt turquoise, tantôt émeraude d'Aitutaki, de la tranquillité du Solitaire Lodge au tumulte d'Hollywood Boulevard et de son Walk of Fame, la liste des best-of serait trop longue à établir ici. Merci en tout cas à Sofya d'avoir bien voulu m'accompagner sur la partie Nouvelle-Zélande de l'aventure, je crois savoir que tu as apprécié, et à tous ceux et celles qui ont bien voulu jeter un coup d'oeil de temps en temps à ce blog, pas tenu très régulièrement il est vrai, mais mieux vaut profiter pleinement du moment lorsqu'on est sur place que de passer son temps à l'ordinateur, et je peux dire que j'en ai bien profité...


THE END

Par Jérôme Chapalain - Publié dans : Sur la Route...
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Samedi 3 janvier 2009 6 03 /01 /Jan /2009 14:38


Autant il est facile de faire le tour de Rarotonga et de ses 32 kms de circonférence en 2 jours, autant il est plus délicat voire impossible d'en faire autant avec Los Angeles, 14 millions d'habitants et plusieurs centaines de kilomètres carrés. J'avais donc décidé dès le départ de me concentrer sur la partie la plus connue de l'agglomération, à savoir Hollywood.  Passé le stress de m'engager sur des autoroutes à 8 voies de chaque côté, je me fondai tranquillement dans le trafic à bord de ma Hyundai Elantra beige, découvrant au fil des panneaux routiers des noms familiers grâce au ciné, aux bouquins et à la télévision, UCLA, Santa Monica, Sepulveda Boulevard, Beverly Hills, Sunset, Hollywood Boulevard...Après quelques tours du block comme on dit par ici, je finissai par trouver mon Motel 6 Hollywood, propre et bien situé, mais aucune comparaison possible avec les derniers hébergements dont j'avais pu bénéficier en Nouvelle-Zélande ou même aux Cooks...

Une fois la voiture laissée au garage, je partis en reconnaissance dans le quartier du rêve, pas si glamour que ça avec ses multiples salons de piercings, ses magasins de souvenirs cheaps et ses nombreux SDF regardant passer de très loin le train de la prospérité...Mais aussitôt que je me rapprochai du centre, l'impression d'être dans un film et dans la ville du film se confirma très vite: une tête de dinosaure dépassant d'un immeuble, l'immense et flambant neuf Kodak Complex,, avec en toile de fond le célébrissime panneau Hollywood juché sur sa colline, le fameux Walk of Fame avec ses noms mondialement connus et d'autres beaucoup moins (datant sans doute d'une époque que seuls les plus de 70 ans peuvent connaitre, et encore s'ils sont américains), et bien sûr le Chinese Theater, temple chinois  ayant longtemps accueilli la cérémonie des Oscar, jusqu'à la création du Kodak Theatre mitoyen. Mais une description d'Hollywood Boulevard ne serait pas complète sans parler des sosies de personnages cinés, cherchant désespérément quelques malheureux dollars en échange d'une photo avec les charters de touristes nippons. En vrac, j'ai pu ainsi croiser ce soir-là 2 Spiderman, un Annakin Skywalker et un C3PO, le tueur au masque déformé de Scream, 3 Jack Sparrow et une bonne demi-douzaine de Batmans. Mais je crois que je garderai surtout l'image de ce vieux Spiderman avalant son Big Mac au Mc Do local, un peu plus tard dans la soirée, harassé de fatigue et sans doute aussi d'ennui, représentant l'archétype de l'envers du décor de l'usine à rêves.

Matin pluvieux et chagrin  le lendemain de mon arrivée, je décidai donc de mettre le cap sur les Universal Studios tous proches, puisque qui dit pluie et froid dit moins de monde et donc moins de temps d'attente aux attractions. Mais pas de tarif réduit, surtout pas au pays de l'Oncle Sam et de l'argent roi: 67 dollars US l'entrée, soit plus de 45 euro! Heureusement la plupart des attractions fut à la hauteur de ce que j'espérais: un tour des décors du studio tout d'abord, avec notamment les restes d'un Boeing détruit dans la Guerre des Mondes de Steven Spielberg, puis un Grand Huit plus vrai que nature avec les Simpson, et cela sans bouger de son siège, le célèbre plongeon à  la verticale de Jurassic Park, une sorte de Space Mountain très speed avec la Revanche de la Momie, la simulation caliente d'une scène d'incendie de Backdraft, et pour finir dans une température sibérienne le spectacle Waterworld, avec l'hydravion venu de nulle part qui vient s'écraser dans la piscine . Et tout cela sans quasiment jamais attendre! De retour au parking, je mesurai pleinement l'énormité du parc en mettant un bon quart d'heure à rechercher ma voiture, ne sachant plus auquel des 10 niveaux de l'un des 8 parkings du parc elle se trouvait...Sur le retour vers le motel, je décidai de rallonger un peu la route en empruntant le fameux Sunset Boulevard et ses maisons de milliardaires, en tout cas dans sa partie Beverly Hills. Des jardins parfaitement entretenus, des routes privées avec poste de vigile armé à l'entrée, des manoirs à l'anglaise, l'argent semble effectivement couler à flot dans cette partie de la ville... Et comme il se passe toujours quelque chose à Hollywood, je terminai la soirée dans la rue comme une bonne centaine de personnes, plantées là à écouter The Cure chanter à quelques pas de nous, dans un théatre transformé en studio de télé pour un show live de Jimmy Kimmel dont les américains sont friands.

Le changement brutal de saison se confirma dès le 3ème jour sur place avec la neige qui s'était invitée sur les plus hautes montagnes entourant la mégalopole; je profitai de ma dernière matinée dans la Cité des Anges pour essayer de faire quelques photos panoramiques depuis les collines, mais je constatai très rapidement que même sur les collines l'urbanisme galopant avait marqué son empreinte. Je pensais ainsi raisonnablement faire quelques belles photos dégagées de la ville en enpruntant la mal nommée Canyon Lookout Road, et pourtant s'il y avait bien une route serpentant dans un canyon et montant progrssivement vers les cimes, pas de traces d'un quelconque lookout ou même d'un morceau de parking pour s'arrêter admirer la vue: la colline était hérissée de maisons cossues et la taille liliputienne de la rue ne permettait pas de s'arrêter. J'en fus alors quitte pour une bonne heure et demie à me perdre dans le labyrinthe des petites rues des collines, revenant je ne sais comment à mon point de départ, et l'heure tournant, je dus faire une croix sur les boutiques fashion de Beverly Hills et la maison de Brandon et Brenda, ne faisant que traverser ce quartier parfaitement fidèle à l'image qu'en a rendu la série.

Dernière étape de mon périple à travers une infime partie de Los Angeles, Santa Monica et son célèbre Pier, où de nombreux films ont été tournés. Mais en dehors de l'inévitable Grande Roue ,du restaurant de fruits de mer Bubba Gump Shrimp and Co, nommé ainsi en souvenir du film Forrest Gump, et des postes de secouristes de Mitch et CJ, ce qui me marqua le plus dans ce terminus occidental de l'Amérique fut la taille gigantesque des mouettes, nourries au régime XXL américain par les locaux et les touristes de passage, à tel point qu'elles semblent tout droit sorties d'un film d'horreur, où non contentes de leur nourriture habituelle, ces mouettes mutantes se mettraient à avaler tous les humains passant  à leur portée...Il est vraiment temps que je parte d'Hollywood moi...

Après m'être légèrement perdu dans le dédale de boulevards de LAX, l'aéroport international de la ville, je finis par trouver le parking d'Avis, à peu près aussi grand que l'aéroport complet de Rarotonga. Et je redevins à nouveau piéton, devant passer les 2350 contrôles de sécurité avant d'accéder enfin à ma porte d'embarquement...Quelques heures plus tard, juste avant que le soleil ne se couche, je survolai la baie de Los Angeles, puis la ville et son inextricable réseau d'autoroutes, puis les hauts sommets de la Sierra Nevada, et devinai même les casinos-hôtels  de Las Vegas entourés une fois n'est pas coutume de neige...Et la nuit fut, c'en était bien fini de la dernière étape de mon périple, retour vers l'Europe, retour vers la dure réalité du métro, boulot, dodo après 4 semaines de voyage...

 

 

Par Jérôme Chapalain - Publié dans : Sur la Route...
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /Déc /2008 18:54
Après quelques nouvelles inspections de boutique hotels , certains beaucoup plus beaux que d'autres, sous un beau soleil mais une chaleur accablante même pour les Cookiens, et croisé lors de ces inspections quelques "créatures" locales d'un 3ème genre, telles une certaine "Bianca" du Little Polynesian, qui m'aurait sans doute fait des avances si l'inspection s'était un peu trop prolongée (ouf!), j'étais fin prêt pour partir à la découverte d'un des plus beaux endroits sur terre à en croire les brochures, le fabuleux lagon d'Aitutaki, à seulement 40 minutes d'avion de Rarotonga.

Aussitôt arrivé à l'aéroport miniature après un survol alléchant et plein de promesses de l'archipel, il était clair que j'étais arrivé dans une autre galaxie, même venant de Rarotonga: des myriades d'enfants souriants pour accueillir les nouveaux arrivants, un collier de fleurs en guise de bienvenue, une récupération expresse des bagages, et quasiment personne sur la plage de mon premier hôtel sur l'île, le Samade on the Beach. Et pourtant le décor de carte postale est déjà là: des eaux turquoise, si peu profondes qu'on peut marcher avec de l'eau aux chevilles au beau milieu du lagon, une île principale fourmillant de palmiers et de végétation luxuriante, les bungalows les pieds dans l'eau du resort de luxe voisin, située sur sa propre île privée...
Un premier bain de rêve dans une eau à 28 degrés , à peine le temps d'une douche et de s'habiller que comme déjà la première de mes deux island nights, un concept à base de buffet, de bières à gogo et de danses traditionnelles locales insistant fortement sur le déhanché. Provenant du village surnommé Hollywood, la troupe de danseurs et de musiciens nous montra ce que bouger son bassin en rythme veut dire.
Dès le lendemain, je participai sous un beau soleil au point d'orgue de mon mini-séjour à Aitutaki, la croisière sur le lagon; dans ce petit coin de nature paradisiaque, cela me parait le moment idéal pour vous raconter ce Koh Lanta façon Denis Brogniart, attention la réalité est ici un peu romancée...

"Kia Orana, bienvenue à Aitutaki, bienvenue aux iles Cook! C'est dans ce décor de paradis, entre forêts tropicales impénétrables et lagon aux couleurs fantastiques, tantôt emeraude, tantôt turquoise, que 7 aventuriers venus des 4 coins du monde ont décidé de tenter l'aventure Koh Lanta, mais pour une seule journée! A l'ouest, l'immensité du Pacifique, plus de 4000 kilomètres avant d'atteindre les côtes australiennes; à l'est,...l'immensité du Pacifique, plus de 7000 kilomètres avant l'Amérique du Sud. Qui arrivera à braver les moustiques sur Wreck  Island, qui parviendra à trouver le premier une perle noire au coeur du récif de corail, qui sera suffisamment agile, rapide et organisé pour se faire tamponner son passeport sur la mystérieuse One Foot Island, qui arrivera à éviter l'insolation par plus de 40 degrés à l'ombre et 38 dans l'eau, qui, enfin, pourra ramener le totem sur l'île principale et être à temps pour l'apéro? Vous le saurez en regardant cette édition exceptionnelle de Koh Lanta Aitutaki, just for one day, Aitutaki pour un jour seulement!"
Ta ta ta ta tata, ta ta ta tatatatata, ta ta tata ta ta, tatatatatatatata, et encore ta! Vous aurez bien entendu reconnu le générique avec le défilé des photos des aventuriers (NDLR: à part le mien tous les autres noms sont fictifs, ils étaient tous aussi loquaces qu'un mérou). Voici maintenant une briève description de ces messieurs et dames:
  • Paul, un rouquin anglais tatoué un peu partout, et sa copine muette et non souriante Cassandra et son bijou réglementaire au nombril;
  • Jerome, le quota français, touriste professionnel;
  • Aaron et Wayne, les ados boutonneux australiens venus tout droit de Melbourne;
  • Milton et Jezabel enfin, notre couple de vermeils venant de Hamilton Nouvelle-Zélande, et habillés pour le prochain Raid des Glaces en Sibérie.
Denis s'adresse pour la première fois aux  aventuriers: "Mesdames, Messieurs, pour cette aventure vous serez guidés sur les différents lieux des des épreuves par Captain Uncle (sorte de sosie polynésien de Morgan Freeman) et son premier matelot Captain Cook (sorte de sosie polynésien de Lenny Kravitz, sauf quand il enlève ses lunettes auquel cas il lui ressemble plus du tout, mais je m'éloigne du sujet). En aucun cas et je dis bien en aucun cas vous ne devez sauter du bateau tant que Captain Uncle ne vous y a pas autorisé: déjà vous vous feriez très mal et vous auriez l'air complètement stupide, mais surtout si vous êtes encore vivant il vous faudrait nager pendant au moins 10 kms à la poursuite du bateau qui ne s'arrêtera pas pour vous, et là vous seriez vraiment un ou une abrutie, car à Koh Lanta il n'y a pas de place pour le sexisme, tout le monde est à la même enseigne. Bien, après ces consignes élémentaires de sécurité, préparez vos équipements de plongée , à savoir palmes masque et tuba, et on se retrouve dans quelques instants sur le récif."
NDLR: en fait il se passe une bonne heure avant que nous arrivions sur la barrière de corail, mais à la télé on ne se rend pas compte de tout ça, puisque tout est déjà enregistré et s'est déjà passé, comme cette chronique d'ailleurs...Bon là c'est le moment de la voix off de Denis quand il explique les règles de l'épreuve et raconte les premiers conflits entre les participants qui pimentent le jeu.

"Nos aventuriers en prennent plein les yeux pendant cette traversée en bateau du lagon: eaux translucides et cristallines, couleurs éclatantes, plages désertes paradisiaques, îles inhabitées recouvertes de végétation, une tortue est même aperçue en train de plonger sous l'embarcation. Mais très vite le doute et des conflits tiraillent les concurrents à l'approche de la première épreuve: Wayne et Aaron se disputent âprement le seul masque bleu disponible, tandis que Cassandra s'interroge sur l'effet désastreux que pourraient avoir des palmes jaunes canari sur son look et sa réputation; Paul, consultant en tatouage dans le civil, la rassure immédiatement en lui disant que de toutes façons toutes les couleurs lui vont, s'attirant ainsi probablement ses faveurs en vue du vote final du Conseil. Jezabel, sur les précieux conseils de Milton, se dit qu'effectivement pour les besoins de l'épreuve à venir il serait plus pratique d'enlever sa polaire pour aller plonger. Jerome enfin, s'isole dans sa bulle en faisant de l'hyperventilation, manquant ainsi de s'asphixier; peut-être n'a t'il pas remarqué que la production a mis à la disposition de tous les concurrents un arsenal de tubas qui devraient lui permettre de respirer correctement lors de cette plongée à moins 1M50."

Arrivée au lieu de plongée, Denis reprend la parole sur le bateau et s'adresse aux aventuriers: "Rebonjour tout le monde! C'est dans ce récif corallien, à des dizaines de kil...de mètres de toute terre que vous devrez passer cette première épreuve; il s'agit de trouver une très rare perle noire qui a été placée judicieusement au coeur du 3ème récif sur la droite du bateau, encastrée entre deux oursins géants. Interdiction de toucher le corail et encore moins les poissons qui vont certainement se mettre en travers de votre chemin. Je ne vous donne aucun indice, c'est une épreuve de confort, le premier ou la première qui me ramène la perle gagne le droit de choisir le meilleur morceau de thon grillé qui vous sera servi tout à l'heure sur l'île par Captain Cook, après que vous l'ayez pêché de vos mains bien entendu...Vous avez une heure pour trouver la perle, allez 3, 2, 1 partez!"

Et de nouveau la voix off pour commenter une épreuve insoutenable de suspense: " Mettre la main sur la perle sans toucher le corail s'avère très délicat, car à cette heure de la journée c'est marée basse et le corail affleure à la surface de l'eau. Comment alors s'en approcher dans enfreindre les règles de l'épreuve? Paul est prêt à tout pour impressionner sa belle, et se dit qu'en arrivant telle une carpe au-dessus de la perle et en la gobant, il pourra ainsi éviter une possible disqualification. Mais cette stratégie a ses inconvénients: en effet s'il l'avale il risque de s'étouffer et de ne pas pouvoir régurgiter la précieuse perle, et du fait de cette tactique hasardeuse hypothéquer ses chances au Conseil final; après quelques allers et venues autour du fameux corail , sans même avoir vu la perle, il décide finalement de faire comme toutes ces autres feignasses d'aventuriers, à savoir du snorkeling pur et simple dans le lagon transparent, sans se préoccuper de gagner cette première épreuve ".

Une heure vient à présent de passer et la chaleur est de plus en plus accablante sous ce soleil de plomb; peu à peu les aventuriers réintègrent le bateau, enchantés de leurs ronds dans l'eau au milieu de poissons multicolores, mais bredouilles sans la moindre perle. Denis n'est vraiment pas content et le fait savoir: "Eh bien ce n'est pas brillant dites-moi, aucun de vous n'a été capable de ramener la perle jusqu'à ce bateau. Jerome, vous avez une explication à ce désastre?"
"Ben, euh...y avait tout plein de beaux poissons autour de moi, du coup j'étais distrait, du coup j'ai oublié ce qu'on devait faire...C'était quoi déjà?"
"mmoouais...pas terrible comme excuse Jerome vous en conviendrez! Bien, on a vu ce que vous valiez sur ou sous l'eau, c'est à dire pas grand chose, , on va maintenant voir si vous pouvez survivre  sur une île déserte, sans eau douce, sans toilettes, sans barbecue, sans rien...Captain Uncle, cap sur Wreck Island, l'île de l'épave!".

Après un rapide tour de l'île nous retrouvons des traces récentes de civilisation un peu partout, à savoir une cabane, des tables et des chaises, et même une lunette de WC en pleine forêt, Captain Uncle avancant même l'idée folle qu'un cousin américain de Koh Lanta, Survivor, aurait élu domicile ici récemment, à vrai il y a à peine 6 mois. C'en est trop pour Denis, qui dans un accès subit de colère décide de quitter l'aventure: " Non mais qu'est-ce que c'est que ces aventuriers du dimanche! Même pas capables de retrouver une perle dans un bloc de corail! Vous voulez pas non plus qu'on vous installe un hôtel 5 étoiles à la place de la foutue cabane en roseau que vous étiez sensé construire non plus? Hein? Moi c'est fini, je rentre à Paris, je vous laisse avec Captain Uncle et Captain Cook, ils vont vous emmener sur One Foot Island, vous faire même votre repas, vous faire tamponner le passeport, et vous connaissez la dernière épreuve du jour?Eh bien il n'y en a pas, vous avez le droit de ne rien faire, de vous baigner , de soigner votre petit bronzage, et puisque ç'est comme ça pas d'épreuve d'orientation, pas d'épreuve des poteaux, et le Conseil à la lumière des torches, forget it! Démerdez-vous! La prochaine fois on fera Koh Lanta chez les Ch'tis et dans un terril, ce sera autre chose!".

Et Denis s'en fut, et nous profitâmes à 120% de cette île paradisiaque de One Foot Island, reprenant plusieurs fois du thon grillé au déjeuner, faisant le tour de l'île avec quasiment tous les 100 mètres des photos extraordinaires à faire, et le reste du temps passé dans une eau turquoise à plus de 30 degrés, que demander de plus lorsque l'autre moitié du globe se caille les miches un 10 Décembre?

A la suite de cette croisière, il faisait toujours splendide et j'avais toujours presque deux jours sur cette île sans stress, sans métro, sans ceinture de sécurité...Que faire donc d'autre à Aitutaki quand il fait beau?

  • changer d'hôtel pour un plus beau encore et avec accès direct à la plage s'il vous plait;
  • rouler sur l'unique route bitumée de l'île avec un bicross enfant et un dérailleur pas huilé depuis une bonne dizaine d'années, et revenir en marchant;
  • assister à une nouvelle Island Night, mais avec des jeux de feux en plus;
  • se faire inviter par deux belles danseuses en même temps (si si incroyable mais vrai) et avoir le luxe de pouvoir choisir sa préférée pour une leçon accélérée de déhanché façon îles du Pacifique;
  • grimper jusqu'au point culminant de l'île aux heures les plus chaudes de la journée pour de superbes photos, et se demander pourquoi on a pris un t-shirt si c'est pour se retrouver trempé de sueur;
  • alterner bronzage et baignade sur une plage de rêve rien qu'à soi ou presque.

J'aurais bien demandé un permis de résident permanent à Aitutaki mais j'avais encore d'autres choses bien différentes à voir et notamment la Cité des Anges.
De retour pour une dernière nuit dans la metropolis qu'est Rarotonga comparé à Aitutaki, je décidai de ne pas partir des Cooks sans avoir essayé au moins une fois de faire le tour de l'île avec le moyen de transport le plus répandu, le scooter. Après des débuts pour le moins hésitants sur le parking du Sunset Resort, je parvenai malgré tout à boucler le tour de l'île, soit 32 kms, sans écraser le moindre chien ni la moindre petite vieille, et à rendre le scooter en parfait état, après un grand moment de liberté dans un endroit de rêve. Ainsi s'acheva mon séjour aux Cooks, avec finalement beaucoup plus de soleil que de pluie, et le souvenir impérissable non seulement de la beauté de ces lieux, mais aussi de ses habitants, de leur sourire et de leur gentillesse incomparable.
 
Par Jérôme Chapalain - Publié dans : Sur la Route...
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /Déc /2008 18:25
Après un vol passé à regarder les dernières idioties télé (Beverly Hills le remake, Gossip Girl, bref que de l'intellectuel), je sortis du très artificiel air conditionné de l'avion pour entrer dans la moiteur tropicale de Rarotonga, l'ile principale des Cook Islands, à une heure avancée de la soirée, quatre heures après avoir quitté Auckland, mais tout en arrivant la veille de mon départ...???

L'atmosphère très humide de l'île me fit soupçonner assez rapidement des risques d'averses pour les jours à venir, et je n'allais pas tarder à le verifier en ouvrant le lendemain les rideaux de mon bungalow beachfront avec vue directe sur le lagon: un épais manteau de pluie tombait dru sur le fameux lagon qui ne faisait du coup plus trop rêver...Mais attention, pas un simple crachin normand ou une petite bruine bretonne, non ici l'on a à faire à une bonne grosse averse tropicale qui dure des heures et des heures, avec à peine quelques mètres de visibilité, et quand par miracle la pluie s'arrête quelques instants et que l'on sort émerveillé sur la plage en espérant apercevoir un léger coin de ciel bleu, c'est en fait pour se rendre compte que des nuages encore plus noirs, venant d'inonder les montagnes, s'approchent dangereusement du bord de mer...On quitte alors précipitamment le lagon pour mettre à l'abri son appareil photo ou/et sa caméra, et l'on attend bien au frais dans son bungalow climatisé la prochaine accalmie, en se disant vers 17h que la nuit ne va déjà pas tarder à tomber. Que faire donc sur un île tropicale,me direz-vous, lorsqu'il fait tout moche ou qu'il pleut sans discontinuer comme vache qui pisse?

  • se décider enfin à repasser ses pantalons pliés en 8 et compactées dans la valise depuis plus de 2 semaines, de préférence avec une radio locale en fond sonore, rien de mieux qu'un Franky Vincent local pour adoucir la frustration d'un climat défavorable et éviter de mourir d'ennui au bout du 2ème pantalon repassé;
  • entre deux bonnes averses, effectuer en compagnie de la charmante Keren une bonne douzaine d'inspections d'hôtels tous plus luxueux les uns que les autres, afin de comprendre pourquoi on ne vous a pas placé là même pour une nuit (attention cette option est réservée exclusivement aux agents de voyage, pour les autres passez votre chemin, lol);
  • regarder stoïquement depuis votre lit la pluie tomber, les jambes en tailleur;
  • écrire ses articles en retard pour le blog en espérant faire rire au moins sa mère;
  • participer à une BBQ Nite indoor au restaurant local et éviter de choisir le boeuf plutôt que le poisson, le steack arrivant ici systématiquement sous forme de semelle de botte alors que le thon grillé a l'air succulent;
  • continuer de regarder stoïquement la pluie tomber en se disant que ça y est ca commence à tomber un peu moins fort, mais en fait non après une demi-minute ça reprend de plus belle;
  • aller se coucher en espérant que demain soit un autre jour, et que le toit partiellement en palmesne va pas s'effondrer sur vous et vous contraindre à une douche forcée pour le reste de la nuit.
FInalement, au matin du 3ème jour, lorsqu'il n'y eut plus d'eau à déverser sur la déjà très verte Rarotonga, le ciel s'éclaircit enfin: mes vacances au paradis allaient enfin pouvoir vraiment commencer!
Par Jérôme Chapalain - Publié dans : Sur la Route...
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /Déc /2008 16:40
Encore un lodge de plus, avec à nouveau des hôtes adorables qui nous accueillent autour d'une tasse de thé ou de café, nous appellent par notre prénom, et semblent s'interesser sincèrement à notre voyage...A nouveau un jacuzzi pour se relaxer agréablement avant le dîner de l'ambassadeur, et ô nouveauté depuis le début de ce voyage dans le luxe le plus total, un sauna pour alterner chaleur humide et sèche, bref encore une épreuve de plus pour nos corps brisés par tant d'épreuves...
Autour d'un verre de champagne et d'une table de billard, nous faisons la connaissance d'un couple d'anglais qui ont travaillé entre autres à Dubai et et au Caire, mais leurs anecdotes sont bien fades à côté de celles des autres anglais de la table, les propriétaires du lodge, Brian et Colleen, qui avant d'acquérir cette modeste chaumière dans une des villes les plus chères de Nouvelle-Zélande, ont navigué pendant une dizaine d'années autour du monde sur leur propre voilier, faisant du charter pour touristes yankees en goguette dans les Caraibes et les Antilles, découvrant la flore unique des iles Galapagos, caboté dans tout le Pacifique Sud, de Tahiti à Wallis, des Tonga aux iles Cook et j'en passe, avant de trouver leur port d'attache au coeur de cette ile du Sud, ici à Queenstown.
Après un nouveau repas remarquable à base de saumon en entrée et de cerf en plat de résistance, je peux partir m'endormir dans ma propre chambre, la tête plein de nouveaux rêves de voyage...

Changement complet de style dès le lendemain matin avec le très "lounge" Sofitel, au coeur de Queenstown, la chambre comme les parties communes respirant les dernières tendances en matière de déco intérieure, avec notamment parquet chauffant et mini écran télé juste au dessus de la baignoire, sans parler de la télécommande tactile et du design très "starckien" du bar de l'hôtel, appelé très sobrement "Nue Lounge", tout un programme...
Mais suite au vol panoramique avorté de la veille, ce que j'attend le plus dans cette capitale des sports extrêmes et activités en tous genres est le survol en hélicoptère de Queenstown et surtout de Milford Sound, le plus célèbre fjord de Nouvelle-Zélande. Et mes voeux sont très vite exaucés avec non seulement les étapes précitées, mais aussi dépose sur un glacier à plus de 2000 mètres d'alittude, et tout cela en baskets en en bermuda, sans avoir froid un seul instant!
Après avoir slalomé entre plusieurs sommets, Dylan le pilote nous pose donc sur cet océan de neige au beau milieu de nulle part, dans un décor grandiose er virginal où pas une habitation ne vient troubler le règne de la Nature; un grand moment sans aucun doute du voyage. Nous survolons ensuite les somptueuses cascades de Milford Sound toujours sous un beau soleil et faisons une fois au sol les traditionnelles photos devant la montagne iconique des lieux, le majestueux Mitre Peak, puis il est temps de revenir à l'aéroport, avec survol au passage du Ben Lomond, une montagne juste au dessus de Queenstown que j'avais eu l'occasion de gravir il y a 3 ans presque jour pour jour, souvenirs souvenirs!

A peine remis de nos émotions sur la terre ferme, nous remettons le couvert cette fois sur l'eau avec le Kawarau Jetboat, un bateau rapide auant pour coutume de tremper ses matelots d'un jour à coups de tours à 360°. Pas de quoi cependant provoquer une crise cardiaque mais l'occasion d'admirer à fleur d'eau et à grande vitesse le splendide lac Wakatipu et les rivières environnant Queenstown.
Le temps nous étant désormais compté avant notre départ le lendemain midi pour Auckland, nous reprenons à nouveau de la hauteur mais cette fois-ci sur la terre ferme en empruntant le téléphérique pour quelques courses de Noel et des photos panoramiques de la ville depuis la Gondola, sorte de station d'altitude accessible soit à pied soit par...et oui gagné la gondola comme on l'appelle par ici ou téléphérique comme on l'appelle par chez nous.
Suite au passage dans le magasin de souvenirs, je rallie la plateforme d'observation, bravant au passage les hordes de touriste japonais en transe à l'idée de se faire photographier en face des Remarkables, puis en face du lac Wakatipu, puis à côté de la pancarte "Luge 200m on your left", et ainsi de suite...Quelques rêveries bucoliques sur les atouts fabuleux de cette petite ville perdue au milieu des montagnes plus tard, et  arrive Benny...Alors que je cherchai depuis plusieurs minutes à prendre sur le vif avec mon caméscope un bungee jumper s'élancant dans le vide du Ledge, une plateforme située juste au dessous de la gondola et litteralement dans la forêt, les sauts jusque là s'effectuaient dans un silence mortel sans interêt, quand arriva le fameux Benny, surnommé ainsi en raison du personnage rendu célèbre par le site internet de parodie de films Mozinor; tout à coup le dit Benny se précipite dans le vide en hurlant d'une voix rappelant étrangement celle du vrai Benny, et une fois lar corde entièrement déployée, dérive dangereusement vers les sapins, ...et là c'est le drame: un gros bruit  confirme que oui ce con s'est pris une grosse branche dans le tronc ou pire ailleurs; il est finalement remonté par le staff sur la plateforme de saut, dans un état que je ne pourrai pas vous relater, n'ayant pas fait partie de l'équipe de secours.
Après avoir revisionné dans la chambre du Sofitel une bonne trentaine de fois les exploits de ce bon vieux Benny dans les sapins, il est alors temps de découvrir ou redécouvrir pour moi la nuit à Queenstown un samedi soir, avec des restaus déjà quasi-vides à 22h, mais il faut croire que dîner débute beaucoup plus tôt ici, même le samedi...Nous réussissons malgré tout à trouver un endroit ouvert avec quelques autres clients dans l'un des hauts lieux de la ville, le Dux de Lux pour une pizza dans un salon à nouveau très lounge et design, puis je termine la soirée avec une bonne pinte de Speights Gold, la bière locale dans un pub irlandais avec en plus l'ambiance d'un groupe de musiciens locaux reprenant des bons classiques du rock, tandis que Sofya regagne directement le nid douillet du Sofitel, c'est vrai que quand on ne boit pas presque pas le pub est tout de suite beaucoup moins interessant...

Le lendemain, le soleil est à nouveau présent pour célébrer en beauté notre dernier jour en NZ, et après un court vol au dessus des Alpes néo-zélandaises, nous sommes déjà de retour à Auckland en début d'après-midi, et ici s'achève notre superbe périple dans le pays du long nuage blanc en mode deluxe: paysages grandioses, couleurs saisissantes, hôtels luxueux et raffinés où le souci du détail est constant,  extrême gentillesse des habitants, bref la recette de vacances on ne peut plus réussies!
Mais alors que Sofya quitte l'aventure pour rentrer à Paris, un nouveau défi encore plus exotique m'attend: une semaine aux iles Cook, en plein Pacifique Sud! La vie vous joue parfois de sales tours...
Par Jérôme Chapalain - Publié dans : Sur la Route...
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /Déc /2008 15:45
Les kilomètres défilent ainsi que les paysages divers et variés dans cette grande étape entre Lake Tarawera et Wellington, au coeur de l'île du Nord. Tantôt grandioses et sinistres, comme le Tongariro National Park, ses plaines désertes à perte de vue et ses volcans enneigés, et l'impression que Gollum du Seigneur des Anneaux va apparaitre à tout moment et nous ruiner la BMW, tantôt plats et soporifiques comme les plaines du Manawatu, quelque part entre nulle part et...nulle part, avec parfois quelques mini-villes du far-west et des gens tentant d'oublier leur ennui et leur surpoids au Mc Do du coin.

Arrivée à Wellington et installation dans le grand hôtel de la ville, situé dans le quartier des affaires, l'Intercontinental.Ici pas de "dear Jerome" ou de "dear Sofya" mais des "excellent" à chaque fois que je réponds correctement aux questions de la réceptionniste. Au programme de ces 2 jours dans la capitale néo-zélandaise, sorte de San Francisco des Antipodes, visite du musée national Te Papa, pose photo réglementaire et incontournable au Mont Victoria, le meilleur endroit pour avoir un point de vue à 360 degrés sur cette ville à la géographie spectaculaire, et balade au soleil couchant le lond d'une route côtière qui conclut brillamment notre parcours sur l'île du Nord, avec des panoramas splendides sur les falaises se jetant dans la mer et sur ces petites communautés balnéaires de quelques maisons à peine, figées dans le temps et à des années lumières de la ville, qui n'est pourtant qu'à 15 mns à peine en voiture...

Une bonne sieste dans le ferry qui nous amène à Picton et nous voilà déjà dans l'île du Sud, avec Christchurch comme première étape nocturne. Avant cela, la route nous permet sur à peine plus de 300kms de traverser au moins trois pays en un seul, avec la France et ses vignes à perte de vue aux alentours de Blenheim, puis l'Espagne et ses hautes collines dénudées d'arbres et gorgées de soleil, puis enfin la Suisse et avec ses montagnes entièrement boisées. Sans oublier un léger soupçon de Polynésie française à Kaikoura, avec un océan Pacifique couleur turquoise sur fond de montagnes au sommets enneigés; certes la plage n'est que de galets mais on ne peut pas avoir tout au même endroit non plus!

Arrivée en fin d'après-midi à Christchurch sous un très chaud soleil, la piscine de Huntley House est la bienvenue pour se relaxer avant un énième repas "gourmet". Eh oui encore une fois nous devons faire face à un boutique hotel, encore plus dans le style british que Peppers on the Point, avec une nouvelle baignoire spa et des lits un peu plus petits qu'à l'habitude mais toujours aussi moelleux et confortables. Sans oublier le chef venu spécialement pour nous, les autres guests de ce manoir victorien ayant visiblement décidé d'aller dîner en ville ce soir. Tant pis pour eux, ils auront raté le succulent filet de boeuf sur son canapé de pommes de saison dont je me suis régalé, sans parler de l'excellent verre de Cabernet Merlot en accompagnement...

Après une bonne nuit de repos, il est à présent temps de rendre à regret la BMW convertible et de se laisser conduire...en Porsche Cayenne avec Opal Charters et l'un de ses patrons, un grand gaillard nommé Peter, dont les attributions vont bien au delà de la simple conduite: porteur de parapluie en cas d'intempérie, photographe à ses heures perdues, et voiturier au départ et à l'arrivée de chaque étape. Sans compter relais de l'office de tourisme de l'ile du Sud, tant son savoir est encyclopédique dès qu'il s'agit de parler de cette île dont il est si fier, et à raison!

Le beau temps nous quitte à la sortie des plaines et aussitôt rentrés dans ce que Peter appelle les "rolling hills", le pays des collines, qui sont déjà assez conséquentes, nous voilà sous une forte averse qui ne va pas nous quitter jusqu'au Mont Cook, terminus de notre étape du jour. Nous ne nous attardons dès lors pas plus qu'une demi-heure pour une courte pause déjeuner au Lake Tekapo, puis pour les photos de rigueur au sud du lac Pukaki, réputé pour la couleur extraordinairement turquoise de son eau. La pluie redouble encore d'intensité une fois arrivé au spectaculaire hôtel Hermitage, perché sur une petite colline et entouré de toutes parts ou presque par les Alpes néo-zélandaises en général et le Mont Cook ou Aoraki, son point cuminant en particulier. Sauf qu'avec l'épais manteau de pluie on ne peut qu'essayer de deviner ces montagnes noyées sous les nuages...Que faire donc à l'Hermitage lorqu'il pleut? Raconter des idioties sur Internet tant qu'on veut car c'est gratuit pour nous les clients VIP du dernier étage, s'endormir au Planetarium devant le spectacle des étoiles en compagnie d'une cohorte de touristes japonais, la population dominante des lieux, ou encore manger au très select Panorama Restaurant en imaginant ce que pourrait être ce fameux panorama, tout en attendant pendant 50 minutes son soufflé au chocolat, victime d'une malencontreuse explosion en cuisine à la première tentative...

Le lendemain pourtant, miracle en ouvrant les rideaux, le Mont Cook et tous les autres sommets environnants apparaissent dans toute leur magnificence dans un ciel immaculé de bleu. Le soleil est donc à nouveau au rendez-vous mais le vent aussi, ce quii nous empêche d'effectuer notre premier vol panoramique au dessus du Mont Cook, le premier vol du matin ayant déversé après de fortes turbulences son lot de touristes japonais malades aux toilettes.
Un peu frustrés nous repartons plein sud à la rencontre de Jennifer qui elle vient dans le sens inverse pour un rendez-vous plutôt inédit dans la bonne ville d'Omarama, à une bonne vingtaine de milliers de kilomètres de la boutique Australianz Shop rue Servandoni à Paris, où nous avions l'habitude de nous chamailler. Le crêpage de chignon est toutefois évité cette fois-ci, et après avoir fait le bilan de nos quinzaines respectives en Nouvelle-Zélande, elle pour le travail et moi pour le plaisir, chacun repart vers sa prochaine destination après des retrouvailles au bout du monde imprévues et pour le moins originales.

La route reprend son cours normal, et après avoir soigné nos brushings dans le vent du lac Wanaka et regardé avec un mélange d'excitation et d'incompréhension les bungee jumpers dans le berceau de ce sport, le Kawarau River Bridge, nous arrivons finalement près de Queenstown au Remarkables Lodge, abandonnant Peter et sa Porsche Cayenne pour de nouvelles et dernières aventures au pays des kiwis.
Par Jérôme Chapalain - Publié dans : Sur la Route...
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Jeudi 18 décembre 2008 4 18 /12 /Déc /2008 18:13
Après ce déluge de luxe, il nous fallait bien une berline BMW pour revenir sur terre, enchainer avec style sur la partie autotour de notre périple et affronter le "trafic" routier d'Auckland un samedi matin, en route vers Rotorua et son odeur de soufre. Finalement c'est à bord d'une décapotable, pardon "convertible" (ca fait plus style non?) que nous partîmes les cheveux au vent sur les routes kiwis.

Première étape de ce weekend, juché sur sa colline dominant le majestueux lac Rotorua, le très british Peppers on the Point, un "boutique hotel" comme on les appelle par ici. Chambre ou plutôt appartement à la décoration un tantinet chargée, mais vue spectaculaire et imprenable sur le lac et sa seule île, encore une salle de bains remarquable avec baignoire spa (à remous quoi!), service très personnalisé et légèrement voire ouvertement précieux de nos hôtes, David le manager et surtout le maitre d' (toujours comme on dit par ici), Matthew, d'origine samoane et très "friendly", qui n'aurait pas démérité dans Priscilla folle du désert, nous donnant du Jerome par ici et du Sophie par là, Sofya ne semblant pas faire suffisamment français à ses yeux.

Après les quelques 150 photos réglementaires de la propriété et de son jardin impeccable à l'anglaise, en comptant les animaux résidents (dont un poney aux yeux bleus et une sorte de lama local appelé alpaga), sans parler de la petite maison playmobil pour les castors juniors et la chapelle très "Feux de l'Amour"surplombant le lac, je m'éloignai quelques instants de ce trop plein de luxe et d'élégance pour les joies plus triviales mais plus simples d'un bon bain dans le lac. Ressorti en un seul morceau et sans plaque sanguinolente de ces eaux sulfuriques, il était alors grand temps de "me faire belle" pour ne pas faire tache lors du très chic repas du soir vis-à-vis des autres convives.Un saut dans la baignoire spa, un pantalon et une chemise enfilés, des chaussures lustrées et hop me voilà fin prêt pour le bal!

Guidés et présentés par le toujours sémillant Matthew et son catogan, nous fîmes connaissance avec ceux qui payent vraiment pour séjourner dans de tels lieux: un gentil couple de vermeils pas croisés lors de la croisière, deux presque trentenaires, un premier couple de quadras dont le mari semblait sortir tout droit des superstars du catch au vu de ses impressionnants tatouages et de son crâne imberbe, et un second plus conventionnel, lui Paul, comptable cheveux poivre et sels tendance chic décontracté, et elle, Tasha, "créatrice" (de quoi on ne saura vraiment jamais mais en tout cas dans le créatif artiste bien entendu), habillée ce soir par Christian Dior en robe de soirée noire fendue en deux pour révéler ses longues jambes, en tout cas prête à aller danser le tango.

Quelques minauderies de Tasha plus tard, nous étions prêts à passer à table, cette fois en compagnie d'Adam et Alicia les autres petits jeunes du lot (on fera semblant de croire qu'entre 30 et 35 ans on est encore jeunes alors pas de commentaires désobligeants les piou piou merci) et du couple de vermeils dont j'ai oublié les prénoms (Alzheimer frappe de plus en plus tôt). Le menu et le repas fut bien sûr à l'image du reste: classe, très bon et très recherché, distingué, bref très boutique hotel. Comment choisir entre un confit de canard et son velouté de potiron et un filet de snapper (c'est un poisson local, NDLR) sur son lit d'asperges et de légumes de saison?Vaste choix de société...Alors que je faillis m'etrangler en regardant le prix des bouteilles de vin blanc, ne me voyant pas non plus faire l'ivrogne de service avec une bouteille rien que pour moi, Matthew, me voyant embarassé par la perspective de ne pouvoir prendre qu'un seul verre de Sauvignon, me rassura en me disant que oui les boissons etaient aussi incluses dans le prix et que je pouvais donc être servi à nouveau. Pendant que j'étais plongé dans mes considérations vinicoles, Alicia, sorte d'ex-miss locale sous amphétamines, nous raconta ses pérégrinations avec son boyfriend Adam dans certaines contrées nettement moins boutique hotel de Bolivie et du Panama, à un débit de mitraillette tel que les vermeils pourtant eux aussi kiwis ne semblaient pas plus comprendre que nous ce qu'elle disait, toujours est-il que nous avons bien voyagé ce soir-là, autant dans nos assiettes qu'au cours de la conversation.

Alors que Sofya rentra directement dans nos appartements pour se plonger à nouveau dans un bain de bulles, je partais en ville à bord de ma jerome mobile pour retrouver Muriel et Emilie dans un bar de la ville et dans la fureur d'un samedi soir dans la ville du soufre...
Après avoir parcouru à une allure de tortue l'artère principale de la ville, j'étais vite fixé: mis à part quelques fêtards dans un bar et d'autres attendant patiemment à l'entrée de LA boite de nuit de cette ville de 75000 âmes, le reste des habitants avait dû être emporté dans une aussi gigantesque que subite vapeur volcanique, comme celles qui fleurissent un peu partout aux abords de la ville.
Nos drôles de dames n'avaient  pas heureusement été emportées par cette vapeur appelée le sommeil et je les retrouvai donc dans un bar belge quasi-désert, en compagnie de notre correspondante locale Nathalie, et d'un australien d'un âge certain qui s'était auto-invité à leur table mais qui ne tarda pas à larguer les amarres après mon arrivée. Quelques discussions professionnelles plus tard, et afin de fêter un peu en avance les 25 ans de Muriel, je lui proposai de la ramener au Robertson House en BMW convertible. Mais ne l'ayant que depuis le jour même et donc assez novice pour ce qui est de ce type de bolide, j'échouai lamentablement dans la rétractation de la capote (NDLR: rien de sexuel dans tout cela...), et Muriel en fut quitte pour un petit tour du coin en BMW "non convertible"...

Une nuit de réflexion plus tard, je parvins enfin à mes fins devant le Polynesian Spa sur les conseils avisés de Sofya, puisqu'il suffisait simplement de laisser son doigt appuyé sur le bouton et non pas de le relâcher pour pouvoir passer en mode décapotable...Et Muriel put finalement avoir le jour de son anniversaire un city tour les cheveux aux vent. Après avoir rôti à l'heure du déjeuner dominical dans les sources très très chaudes du Spa, accompagné les miss jusqu'à leur hydravion pour leur survol panoramique de White Island en compagnie d'un énième groupe de seniors (chacun son tour...) et observé autour de Pizza Hut l'honteuse dictature d'une seule mouette sur le reste de ses congénères, nous ...allâmes (??...ouh la c'est compliqué le passé simple, je vais revenir au présent moi maintenant si ca ne vous dérange pas, beaucoup moins risqué), donc je disais nous partons pour notre deuxième boutique hotel du weekend dans la même région, le bien nommé Solitaire Lodge, à 15 kms à peine de Rotorua mais à des années-lumières de l'agitation urbaine, dans un cadre naturel exceptionnel, avec le lac Tarawera devant nous et au fond la gigantesque masse du volcan éponyme.

Niché dans une peninsule et entouré par des montagnes de toutes parts, ce nouveau lodge dépasse encore en luxe le précédent, avec en plus un hélipad (au cas où notre voyage prendrait une tournure inattendue et qu'on viendrait nous prendre en hélico pour la prochaine étape, on peut toujours rêver...), petites barques motorisées et kayak pour se perdre sur les eaux du lac, et dans notre chambre épousant tout le panorama la désormais obligatoire baignoire spa avec robinet en plaqué or, dans une salle de bains comparable à la galerie des Glaces.
Après avoir manqué d'être emporté en kayak pour toujours par le fort courant soufflant sur le lac, je reussis malgré tout péniblement à rejoindre le quai par la terre, trainant derriere moi l'imposant kayak, et arrive juste à temps pour l'apéro, servi dans l'élégant salon donnant sur le lac. Encore moins de monde que la veille au dîner, mais à nouveau service et cuisine irréprochables délivrés par Graeme, sommelier de son état, et Ram le chef. Et conversation tout aussi animée que la veille avec les quatre autres convives d'un soir (Jarrod et Chan, du même âge ou presque que nous, et les régionaux de l'étape Mario et Gwendoline, deux quadras assez hauts en couleur), ça nous change de la croisière...Question de géneration sans doute, les sujets de conversation venant plus naturellement avec des gens proches de notre âge qu'avec des gens suffisamment âgés pour être nos grands-parents...

Au programme des discussions, le monde la publicité en Nouvelle-Zélande avec Jarrod, celui des ressources humaines chez Microsoft avec la charmante Chan, cyclisme et route des vins en France avec la joviale Gwendoline, et pour finir la soirée en beauté, avec moult détails et un langage des mains  très développé, le naufrage tragi-comique d'un bateau de passe abritant une presque toutes les filles de joie d'Arnhem en Hollande par le pas du tout l'air mais néanmoins néerlandais Mario, juste avant d'aller se coucher.
Le lendemain, c'est le manager Rick qui nous accueille avec son épouse pour un succulent petit-déjeuner, l'occasion de constater à nouveau que la gentillesse et l'ouverture d'esprit des néo-zélandais sont vraiment très appréciables. Mais il est temps à présent de plier à nouveau bagages et de partir pour Wellington, direction le grand Sud!

Par Jérôme Chapalain - Publié dans : Sur la Route...
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Jeudi 18 décembre 2008 4 18 /12 /Déc /2008 16:35

En enfilant mon peignoir Hilton pour aller prendre un café Hilton sur le balcon de ma suite Hilton "Harbourview", je pensais deja avoir atteint un niveau de luxe et d'exclusivité qui aurait beaucoup de mal à être surpassé, les hôtels suivants allaient me prouver que je me trompais lourdement...

Le retour sur la terre ferme avait pourtant commencé sur de très hautes bases: voiturier à l'entrée pour nous soulager de nos bagages, chambre disponible dès 9h du matin, dans la chambre, que dis-je la suite, deux king size beds, un large écran plat LCD, une grande baignoire et une douche séparée, tout cela dans un style très moderne, très "feng shui", et enfin accès à la piscine en plein air, encadrée par la Sky Tower côté terre et côté mer par le Golfe d'Hauraki, un fond en verre donnant d'ailleurs l'impression qu'on va plonger directement dans la baie.

Après avoir profté de cette piscine pour moi tout seul une bonne partie de la matinée, et pour éviter de rôtir sous le sévère soleil néo-zélandais, je me décidai finalement à partir avec Sofya à la découverte de quelques sites intéressants d'Auckland: l'Eden Park tout d'abord, le temple du rugby kiwi, mais en chantier complet pour la prochaine coupe du monde qui aura lieu ici, puis quelques "grand schtroumpf on est encore loin?" et un abandon plus tard de Sofya, manifestement en délicatesse avec les bonnes pentes du quartier, je gravis en solo par sa face nord et armé de mes seules baskets le Mont Eden, plus élevé des anciens cônes volcaniques qui fleurissent dans toute la région d'Auckland. Arrivé en 15 minutes au sommet je bénéficiai d'une vue saisissante à 360 degrés sur la métropole néo-zélandaise, avec pourtant l'impression étrange, au son des crépitements des appareils photos, d'être davantage au pays du Soleil Levant qu'à celui du Long Nuage Blanc...

Back to business en soirée pour des retrouvailles avec les drôles de dames de la NZV Team à Auckland, Muriel, Emilie et Stéphanie, certes ex-NZV mais toujours membre honoraire du club bien que partie sous d'autres cieux professionnels. Après avoir pris un café pas loin du bureau dans l'une des nombreuses stations balnéaires de la ville, St Hélier, direction le centre-ville et la chambre du Hilton pour un tour du propriétaire puis un grand classique, un bon vieux restau tialien qui met tout le monde d'accord après avoir fait le tour complet du port dans un sens et dans l'autre après avoir hésité devant la bonne douzaine d'enseignes proposant autant de cuisines différentes. Après avoir appris que nous nous retrouverions pour le weekend à Rotorua, tout le monde repartit repu dans ses appartements.

Le lendemain, après un saut de puce en avion et avoir manqué d'oublier nos valises dans le champêtre aéroport/aérodrome de Kaikerikeri/ Bay of Islands, tant le "terminal" ressemblait à une gare playmobil, nous arrivâmes enfin dans le délicieux petit village de Russell, accessoirement première capitale du pays, aux portes d'Eagles Nest, aux portes d'un autre monde que seuls certains happy few peuvent expérimenter. Ceci est le témoignage de notre brève mais intense incursion dans le monde des super-riches. D'ailleurs, dans le souci de coller davantage au style des lieux et des gens qui les fréquentent, la suite de cet article sera entièrement rédigée dans la langue locale dite "du rêve", soit un vocabulaire de mots plus pompeux les uns que les autres décrivant des lieux, services ou activités qui eux ne pompent pas du tout l'air (en anglais, les mots les plus courants sont be pampered, be spolt, be amazed et surtout indulge...).

Haere Mai, Welcome, bienvenue à Eagles Nest, havre de confort et de sérénité au coeur de la splendide Baie des Iles. Loin de la fureur de la ville et d'un style de vie frénétique, reprenez ici le temps de vivre et laissez-vous accueillir tel un roi ou une reine par la douce mélodie d'une bouteille de champagne qu'on débouche sous vos yeux gourmands, alors que vous découvrez une villa rien que pour vous. Pas moins de trois chambres à coucher avec lits king size et autant de salles de bains "ensuite" cela va sans dire, avec un choix de double douche ou de très large baignoire, un living room aux lignes épurées et décoré dans un style moderne et chic, avec de grands canapés, un feu de cheminée allumable automatiquement et peau de bête intégrée, tout a été pensé pour rendre votre séjour le plus confortable et agréable possible, seul le choix de votre chambre pour ce soir pourrait vous poser quelque tracas...

La vie en Nouvelle-Zélande se passe très souvent en dehors, "outdoors" comme on dit par ici, et Eagles Nest a pensé également à vos activités de plein air, pour que vous n'ayez même plus envie de quitter votre villa. Jugez plutôt:

Barbecue electrique quadriplaques pour agrémenter les longues et chaudes soirées d'été de quelques grillades bien senties;

Terrasse panoramique sur toute la baie de Paihia, avec transats, table style pique-nique et toit réglable electriquement en cas de trop fort soleil, de petites ou de grosse intempéries;

Infinity Lap Pool de 18m de long (c'est vrai que piscine à débordement ca fait tout de suite beaucoup moins glamour et langage du rêve...), avec couverture électrique fermable à distance la nuit pour ne pas laisser de stupides petites feuilles ou insectes morts vous gâcher votre premier bain matinal;

Jacuzzi à hydrojets, situé juste derrière la piscine, chauffé à 38 degrés, c'est le parfait lieu pour terminer dans une béate extase sa bouteille de Laurent Perrier (non pas l'eau le champagne, on est à Eagles Nest tout de même, un peu de standing...), accompagné par quelques fraises et une stimulation sous-marine des fessiers.

A noter pour nos invités amateurs de plaisirs aquatiques que le jacuzzi comme la piscine fonctionnent aussi de nuit, mais qu'il est conseillé de très vite regagner le jacuzzi ou l'interieur de la villa pour ne pas être frappé d'hydrocution ou de choc thermique instantané.

Et si jamais votre villa ne vous suffit plus, vous pouvez  toujours allez vous promener dans le domaine privé le ong de notre allée bordée d'arbres géants et admirer celles qui valent plus chères que la vôtre, dont le joyau de la couronne, Rahimoana, située sur le haut de la colline "quelque part entre le ciel et le paradis", où seuls des super-VIP's tels que le Bachelor ou Angelina Jolie peuvent s'offrir le rêve d'être invité à Eagles Nest pour près de 10000 euro la nuit...

Lendemain matin ou chagrin? Pas de problème, on vous livre avant que vous vous réveilliez votre journal pour que vous puissiez lire des nouvelles bien pires que le temps qu'il fait, et avant d'être gentiment mis à la porte par le service d'entretien, si le coeur et vos yeux vous en disent vous devriez avoir le temps de visionner sur votre écran plat de la taille de la moitié de votre mur d'appartement quelques uns des 250 DVD mis à votre disposition...

Alors pour toutes ces raisons et ne serait-ce que pour une nuit, vous ne pourrez vraiment plus oublier Eagles Nest...


Par Jérôme Chapalain - Publié dans : Sur la Route...
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Lundi 1 décembre 2008 1 01 /12 /Déc /2008 23:00

 

Arrives sous un timide soleil a Auckland, le temps commence deja a se couvrir lorsque nous atteignons le dernier etage de la Sky Tower pour une vue panoramique de toute la ville et de la region. Apres un tour d horizon a 360 degres et une comparaison assez saisissante de taille entre notre future maison flottante (d un fort beau gabarit pourtant) et le Millenium, un paquebot geant de croisiere amarres tous deux d un cote et de l autre de Princes Wharf, nous revenons sur la terre ferme, non sans avoir croise au prealable dans l ascenseur Shrek, non pas l ogre vert mais un placide mouton trimballe a 220 metres d altitude et deja costume pour le prochain Mardi Gras gay et Lesbien de Sydney, et vu se jeter dans le vide un candidat masoschiste au plus haut saut en chute libre de Nouvelle-Zelande, arrive sans encombre 192 metres plus bas sur une cible ironiquement peinte en rouge...

 

En fin d apres midi place a l embarquement sur l Island Escape, un modeste navire dote de 3 bateaux de sauvetage a moteur, d un zodiac, de 3 kayaks et accessoirement d une piste d envol pour helicoptere,  pour une croisiere de 3 jours dans le golfe d Hauraki, au large d Auckland, et le moins que l on puisse dire c est que la moyenne d age reflete bien le type de clientele des croisieres: a part nous, une trentenaire et un couple dans la quarantaine, tous les autres soit une bonne demi douzaine de personnes auraient largement l age pour etre nos grands parents, bref 3 soirees de folie a venir a base de dominos et de discussions enflammees sur la production de kiwis dans les plaines fertiles neo zelandaises en perspective...

 

Une bonne pluie de printemps et un ciel lourd pour celebrer notre depart et nous voila partis pour notre premier lieu d ancrage, pres de Rocky Bay au large de l ile de Waiheke, la plus touristique du golfe. Comme il ne fait pas bon mettre un senior ou meme un junior dehors, nous passons assez rapidement a table, et comme celle ci est suffisamment grande pour que l on tienne tous ensemble dessus, les premieres minutes du repas ressemblent a un western de Sergio Leone, tout dans les silences (tres longs et pesants) et dans les regards appuyes ou fuyants de part et d autre de la table ( qu est ce que je pourrais bien lui dire a celui la? est ce qu on va avoir viande ou poisson ce soir? Et elle, elle est plutot the ou cafe?mmhhh quand c est que quelqu un va parler bon sang?).

 

Finalement une gentille petite grand mere lance les hostilites et me demande LA question classique: d ou je viens. Apres avoir avoue ma francitude elle me revele a son tour qu elle est francaise mais vit mariee a un australien depuis 1956 a Sydney en Australie, et bla bla bla pendant au moins 5 minutes 12. De l autre cote de la table ou pourtant tous sont kiwis la conversation est beaucoup moins animee, et nous partons nous coucher sans savoir grand chose sur nos autres croisieristes.

 

La journee du lendemain etant toujours aussi pluvieuse, le capitaine decide de ne pas prendre la mer en raison de trop fortes vagues un peu plus loin sur notre parcours, du coup chacun vaque a ses occupations, a savoir faire des photos de la cabine, puis du pont promenade, puis du pont superieur et des environs qui ont l air magnifiques mais noyes sous la pluie. Apres avoir parcouru tous les beaux livres de photos du bateau et fait une courte sortie sur une plage des environs, nous nous replions strategiquement vers notre cabine pour experimenter quelques uns des 200 films a notre disposition, et accessoirement faire une bonne sieste pour effacer le decalage horaire de 12 heures qui se fait bien sentir. Le repas du soir, bien que delicieux, est a l image de celui de la veille, il n y a guere que le clan francais pour animer les debats, et nous commencons a bien nous attacher a ce petit couple d universitaires australiens, avec Evelyne qui semble porter la culotte dans le couple et son gamin attarde de mari, Murray, sorte de croisement entre le professeur Tournesol et Mister Bean, en tout cas d un point de vue physique et vestimentaire ( silhouette maigrichonne,bermuda et chaussettes longues a langlaise, lunettes et chemises du 19eme siecle).

 

3eme jour deja et nous n avons toujours pas bouge d endroit; le capitaine et accessoirement Monsieur Meteo nous annonce la terrible nouvelle: la mer etant toujours aussi agitee au large nous n aurons plus le temps d aller sur Great Barrier Island, sorte d ile loin de tout, qui n aurait pas demerite en tant que cadre de tournage de LOST...Le beau temps qui a enfin fait son apparition nous permet cependant de caboter le long de la cote et ainsi de pouvoir faire quelques photos ensoleillees des belles proprietes nichees dans les collines de Waiheke, avec des baies couleur turquoise en contrebas, une vie tres penible pour les locaux visiblement. Alors que je commence a cuire sans m en rendre compte sous le traitre soleil neo-zelandais je dois faire face a une partie de cache cache sur toute l etendue du bateau avec l un des passagers de la croisiere, un kiwi  d une bonne soixantaine d annees nomme David, pris d une indicible envie de me raconter sa vie au moment ou je n ai justement pas envie de l entendre... Alors que je tente bon gre mal gre de filmer les endroits de paradis qui defilent sous mes yeux , je retrouve l embarassant monsieur toutes les 5 minutes a un bout et a lautre du navire,une fois pour raconter sa vision de la 2eme guerre mondiale lorsqu il etait... a l ecole elementaire, une autre fois pour me decrire epoque par epoque la saga de l industrie du pokawutha, sorte de sapin de Noel neo-zelandais...

 

Une sortie juste apres dejeuner sur une nouvelle plage deserte vient a point pour un premier bain dans le Pacifique, l eau y est meilleure que la Manche en plein ete...La nouvelle ile ou nous venons de mettre l ancre est pratiquement deserte et malgre une maison solitaire en bord de plage, les seuls etres vivants sont la plus grosse population neo-zelandaise a savoir les moutons. Au loin, l ombre montagneuse de Great Barrier Island reveille mes instincts d aventure mais des demain pourtant nous devrons reprendre la route d Auckland via Waiheke, le Love Boat continuant lui sa route vers la peninsule de Coromandel, mais bien d autres bonnes choses nous attendent. De retour a la cabine je constate l etendue des degats du soleil, mon front est passe au rouge dans tous les sens du terme et le nez n est pas mal non plus...Un peu abrutis par ce soleil que nous nattendions plus, Sofya et moi decidons de passer notre tour pour la partie de peche qui se prepare: 3 heures de suite de peche, c est deja plus que dans toute ma vie et je veux pas ressembler a une ecrevisse pour le reste du sejour!

 

Apres le retour des pecheurs qui ne sont pas revenus bredouilles a en juger par le kingfish gigantesque qui deborde de la glaciere, nous pouvons passer a table pour le 3eme et deja dernier diner de cette croisiere intimiste et pour le moins reposante, non seulement en raison de son rythme plus que tranquille (2 iles seulement au programme en raison de la houle ) mais aussi de ses passagers qui ne nous auront pas trop casse les oreilles, David mis a part...Difficile des lors de dresser des portraits affines de chacun, car pour leur tirer les vers du nez et  aussi comprendre leur accent a couper au couteau...

 

Mais il faut croire que notre depart demain, additionne a celui de Michelle et John, le couple de quadras,delie les langues puisque ce soir c est un festival de discussion, sur des sujets aussi divers et varies que le meilleur moyen de decouvrir les fjords en Norvege par la mer, les differences fondamentales entre le thon de l hemisphere Nord et celui de l hemisphere Sud, ou encore la crise des vocations dans l enseignement public australien et le rappel d universitaires retraites pour des cours magistraux dans les campus...Bref je  ne fus pas loin de danser la Lambada avec nos pimpantes retraitees sur le pont superieur, tout cela apres une ennivrante bouteille de Pinot Noir pour 11...mais minuit approchant tout le monde finit par rentrer dans ses cabines, epuise par une soiree torride de discussion ou plus de mots furent echanges que pendant toute la croisiere... 

 

Toutes les bonnes choses ont une fin et c est aux aurores ou presque que nous repartons d abord sur la terre ferme, salues par quelques leve-tot dont Murray, ce qui nous fait chaud au coeur car il nous a parle quasiment tout le temps en francais, puis nous reprenons le ferry pour Auckland a l autre bout de Waiheke, une ile vraiment etonnante car faisant penser a la Cote d Azur en plus vert le long de ses cotes, et a la Suisse des que l on rentre dans l interieur tres limite des terres. D autres epreuves nous attendent a present sur la terre ferme: le Hilton a Auckland tout d abord, puis des lodges presque tous les jours suivants et un autotour en BMW , la vie est vraiment trop dure parfois...

Par Jérôme Chapalain - Publié dans : Sur la Route...
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Samedi 29 novembre 2008 6 29 /11 /Nov /2008 21:06


...Et par un chargement de bestiaux dans le RER B a Chatelet les Halles a l heure de pointe, par une pluvieuse et froide matinee de novembre. Attention le train va partir dans quelques instants, merci de vous placer dans les compartiments bagages si necessaire mais de ne pas entraver la fermeture des portes... 15 mns plus tard le train put enfin partir lorsqu un voyageur avise et surtout bien place eut l excellente idee d extirper une dame d age mur de la porte dans laquelle elle etait coincee depuis 5 bonnes minutes, s appretant a voyager jusqu a Charles de Gaulle en demi tarif, son cote droit en wagon couvert et son cote gauche a lair libre sur le pont promenade... Finalement je reussissai bon gre mal gre a atteindre a temps et sans encombre le terminal 2, en meme temps que ma cousine et coequipiere sur la premiere partie du periple, Sofya.


A peine le temps d avaler quelques cacahuetes et d apprecier la vue que nous etions deja a Heathrow pour notre stopover d une dizaine d heures dans la capitale londonienne . Apres un transfert rapide depuis l aeroport mais aussi couteux que les joyaux de la couronne,  a nous Trafalgar Square et les hordes de touristes nippons photoinomanes sous un timide soleil d automne. Dejeuner dans un haut lieu de la gastronomie americaine, TGI Fridays, avec notre cousine anglaise Michelle, pas vue depuis au moins 15 ans et desormais mere d une petite fille de 2 ans, le temps passe vraiment trop vite, puis city tour express des principaux sites de la capitale british: Picadilly Circus, Westminster, la Tour de Londres et Tower Bridge.


De retour a l aeroport, le veritable voyage peut a present commencer, direction les Antipodes et la  Nouvelle-Zelande a bord d un Boeing 747 d Air New Zealand, et au premier etage de l avion s il vous plait: petite cabine a taille humaine, champagne pour bien demarrer le vol, et enfin des sieges ou je n ai pas a plier mes jambes en 4 pour pouvoir m a sseoir correctement, bienvenue dans la classe Pacific Premium...Bon il est vrai qu a cote des voyageurs business et de leurs canapes lits places juste devant nous nous avions l air de ramer tels des esclaves dans une galere romaine, mais au moins on a pu ramer avec elegance et place pour nos petits os fatigues.


Quatre verres de vin, deux diners, deux petits dejeuners, l Allemagne, le Danemark, la Russie, la Chine, les Philippines,l Indonesie et l Australie, six films et dix reportages sur la Nouvelle-Zelande, trop peu de sommeil, une escale a Hong Kong et 25 heures cinquante plus tard, l avion se posa tranquillement sous un doux soleil de printemps sur le tarmac d Auckland, welcome to New Zealand, l aventure peut enfin commencer...

Par Jérôme Chapalain - Publié dans : Sur la Route...
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